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JE - LE BANQUET CÉRÉMONIEL - Entre archéologie et ethnologie - ANNULÉ

Du 12 mai 2020 au 13 mai 2020
De 09h00 à 17h30
Salle des conférences - MISHA

PRÉSENTATION
En invitant les dieux au banquet, afin de bénéficier de leur bonne grâce et de leur choix opportun, Anšar [divinité de la mythologie mésopotamienne] mise sur la commensalité et la bonne entente pour arriver à une issue salutaire, dont le choix du combattant Marduk dépend.

Cet archétype mythique d’un banquet regroupant les dieux autour d’une table remplie de victuailles (nourriture et boisson en nombre) fait inévitablement écho aux nombreux banquets « terrestres » où les hommes se rencontrent ou se retrouvent, afin de célébrer un événement important ou une personne. Par définition, le banquet peut englober le festin composé de mets nombreux et divers mais il s’en distingue par la conjonction d’autres pratiques (musique, effets visuels, rituels, discussions), au-delà du simple fait de se sustenter copieusement. Cette pratique, souvent réservée aux élites a été très étudiée par les historiens et par des archéologues français et anglo-saxons. Pour la protohistoire par exemple, et plus spécifiquement la période celtique au sens large (de la fin de l’âge du Bronze à l’époque augustéenne), de nombreux colloques ont permis aux chercheurs de réfléchir sur les avancées de la recherche qui ont fait suite à des fouilles préventives ou programmées, par exemple sur les sites de Corent dans le Puy-de-Dôme, d’Acy-Romance dans les Ardennes, de Duntzenheim, de Gerstheim et Sarrewerden dans le Bas-Rhin. En conciliant à la fois l’étude des différents vestiges et les textes lorsqu’ils sont disponibles, les archéologues soulignent la complexité de cette pratique, par exemple à la fin de l’Âge du Fer. Pour la rendre intelligible, l’on ne doit pas s’en tenir à des raccourcis déterministes et/ou coloniaux mais adopter une optique de recherche large et même résolument totale, c’est-à-dire holiste. Pour atteindre cet objectif, un travail collaboratif et interdisciplinaire s’avère nécessaire, regroupant des spécialistes venus de diverses disciplines et thématiques, complémentaires entre elles (historiens, archéologues, ethnologues, archéozoologues, bio-archéologues, céramologues, lithiciens), afin que se s’alimentent de nouvelles réflexions.
En ethnologie, l’observation des pratiques festives au sein des populations les pratiquant va de soi car le banquet cérémoniel dans les sociétés étudiées se révèle très souvent un phénomène social sinon « total » (c’est-à-dire par lequel s’expriment toutes les institutions sociales), au moins significatif en bien des aspects. Dans la littérature anglo-saxonne, la notion de feasting est particulièrement employée, tant en archéologie qu’en anthropologie sociale, pour qualifier les fêtes cérémonielles au sens large durant lesquelles sont consommés collectivement aliments et boissons exceptionnels par rapport au repas du quotidien. L’évident caractère ostentatoire de ces festins exprime le rapport au pouvoir et à la politique, notamment dans les sociétés hiérarchisées. Par-delà la simple convivialité, le banquet est également un lieu de communication avec la surnature, impliquant souvent des sacrifices et, de ce fait, il met à jour une part conséquente de la fonction symbolique locale. Il exprime aussi un marquage ritualisé pour le scellement d’alliances, politiques ou sociales, voire un renforcement de la cohésion sociale. Il est enfin et surtout une forme de démonstration, d’obtention ou de régénération du pouvoir, et donc de la richesse dans le paradoxe extrême qu’est cette dépense ostentatoire ruineuse autant qu’essentielle. Il n’est cependant rendu possible que lorsque les ressources, locales ou lointaines, sont disponibles et/ou stockées préalablement, impliquant une relative sédentarité, une stratification sociale et la réalité d’une société chrématique, c’est-à-dire « à richesse » pour reprendre Alain Testart (2012). Ce qui amène à la remise en cause de la notion de richesse qui prend, selon le contexte temporel, ethnique et culturel, bien des formes et oblige à la nécessité d’une évaluation critique de ce que sont pauvreté et richesse dans des sociétés où tout offrir, tout sacrifier, tout perdre finalement, revient aussi à tout obtenir (cas des sociétés à potlatch, à kula, à sacrifices d’animaux ou d’humains, etc.). Pour ces journées, nous convions les auditeurs et intervenants à un banquet scientifique commun afin de plonger dans ce sujet complexe qui a déjà été abordé par de nombreuses disciplines mais sans synthèse globale interdisciplinaire. L’objectif est que les participants réfléchissent collectivement à ce en quoi consiste le festin en rapport aux cosmologies et aux conceptions sociales des espaces sociaux concernée, plus spécifiquement dans des sociétés stratifiées et des religions à sacrifice. Les communications attendues seront inédites afin de permettre non pas une juxtaposition mais plutôt une imbrication des savoirs et des approches en vue d’une synthèse commune autour du thème qui permet par son universalité de toucher diverses aires géographiques, culturelles et chronologiques. Afin d’arriver à un résultat convaincant, cet appel à communication a été voulu large afin d’attirer des chercheurs spécialisés et pour inciter des juniors à travailler sur de tels sujets proches afin de nourrir les débats futurs. Le banquet est ici envisagé comme un lieu de circulation d’idées partagées notamment lors des discussions afin que chacun puisse donner, recevoir et également échanger par la suite. Pour les thèmes évoqués, l’apport des participants ne sera donc ni personnel ni monographique et voulu exhaustif mais plutôt comme un complément à l’ensemble pour tenter le défi d’une analyse holiste.
Les organisateurs appellent les participants à insister sur le contexte du banquet évoqué par chacun et son appréhension directe. L’évolution des pratiques sera mise en avant, si possible sur la longue durée et dans une perspective globale et comparative, ainsi que la circulation des pratiques, leurs adoptions et/ou transformations. Une attention particulière sera accordée au lieu du banquet et ses particularités (sphère publique ou privée, plein air ou intérieur, érection d’un bâtiment particulier, protection éventuelle, accès public ou non), tout comme son insertion dans la temporalité à long et court terme (cycles des cultures ou mythes cosmogoniques par exemple). Les notions de commensalité et d’hospitalité seront également mises en avant, de même que la place des convives et les questions de pouvoir et de hiérarchie, les ingrédients particuliers de ces repas (mets d’exception, boissons fermentées ou alcoolisées), ainsi que les matériaux utilisés (vaisselle, couverts éventuels, utilisation des mains, récipients, chaudrons, matériaux minéraux ou végétaux, etc.). Existe-t-il une échelle de valeurs pour les banquets ? Les manières de tables sont évidemment à considérer, tout comme l’ordre d’apparition ou de consommation des plats et leur mode de préparation (cuisson, durée, place du cuisinier et des aidants). Que mange-t-on et que boit-on au cours de ces banquets, en quelles quantités et selon quelles qualités ? Tout le monde est-il autorisé à manger les mêmes plats, et quelle est la place de la faim et de la soif dans ce contexte particulier ? Quelles sont la part et la place des dieux, des chefs et leurs dépendants ? Quelles sont celles des femmes et des hommes respectivement ? En quoi le banquet peut-il constituer un lieu de distribution et de subsistance, et pour qui ? Enfin, et ce n’est là qu’une fin provisoire, comment sont traités les restes du banquet (nourriture et ustensiles) qui sont parfois les seuls éléments découverts par les archéologues sur leurs sites ?


COMITÉ D’ORGANISATION
Matthieu MICHLER (archéologue, INRAP Alsace, membre du laboratoire ARCHIMEDE UMR 7044 CNRS & Unistra)
Pierre LE ROUX (ethnologue, professeur, Institut d’ethnologie, université de Strasbourg, membre du laboratoire SAGE, UMR 7363 CNRS & Unistra)
Florent JODRY(archéologue, INRAP Alsace, membre du laboratoire ARCHIMEDE UMR 7044 CNRS & Unistra)

INSTITUTIONS PARTICIPANTES
Association (des étudiants) d’ethnologie de l’université de Strasbourg
Centre Asie du Sud-Est, UMR 8170 CNRS, EHESS, INALCO, Paris
Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est (DRAC Grand Est)
Faculté des Sciences historiques de l’université de Strasbourg
Faculté des Sciences sociales de l’université de Strasbourg
Institut d’ethnologie de l’université de Strasbourg
Institut national recherches archéologiques préventives (INRAP)
Labex Archimède (UMR 5140 CNRS et université Paul Valéry-Montpellier 3)
Laboratoire archimede (UM 7044 CNRS & université de Strasbourg)
Laboratoire DynamE (UMR 7367 CNRS & université de Strasbourg)
Laboratoire SAGE (UMR 7363 CNRS & université de Strasbourg)
Maison interuniversitaire des Sciences de l’Homme en Alsace (MISHA)
Société languedocienne de Préhistoire (http://www.http://prehistoire-cambous.org)
Université Ludwig-Maximillians, Munich, Institut Max Planck

Le 19 juin 2020
De 13h00 à 15h00
Salle de la Table Ronde
avril 8 2020

Nous sommes confinés depuis 20 jours. Fariba Adelkhah, chercheuse au Centre de recherches...